DANIEL GIRY

Avec Daniel Giry, l’image devient un pur phénomène sensitif. Dans le décor, l’instant qu’il saisit, le photographe s’évanouit, disparaît, se confie entièrement (figurez-vous le lâcher-prise d’un base-jumper quand il se livre au vide) à l’image pour capter, telle la vie l’esprit de la lumière, ce qu’il en a ressenti comme le moment, le lieu de révélation. Comme l’émergence du chaos, l’espace lui-même, le point d’interaction, de combinaison sacrée. Là où l’évidence de la perfection s’apparente à une naissance.
À l’image, le photographe fait place à l’instinct, à ce qui anime le for intérieur, l’étymologie
même du mot. Il ne discourt pas devant l’image, il ne paraphrase pas, il la bâtit en son sens même. Roland Barthes parlait de punctum, ce point de pénétration dans l’image, d’amorce de son expressibilité dans l’oeuvre, Daniel Giry l’imposerait-il non plus seulement à un élément, mais à l’ensemble ? À la fois récolte et semence, la photo détient alors une cosmologie instantanée. Révolution sur elle-même déterminant des champs d’expressions abandonnés à eux-mêmes.

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